Première PWA au Danemark!

Marine et Marion PWA Hvide SandeEnfin! Deux ans après ma première entrée à la PWA à la Torche édition pétole (en même temps la Torche en octobre, c’est chercher les problèmes), Hvide Sande aura été mon baptême de coupe du monde avec un plateau de 31 féminines et deux jours de vent youpi! Le niveau est un escalier au-dessus de celui que je pratiquais en IFCA et en AFF… Une première expérience de ce que niveau mondial veut dire!

STAU MÖGLICH

Le seul problème du Danemark, c’est l’Allemagne. Ceux qui savent, savent. Le trajet pour rejoindre Hvide Sande paraît une formalité sur le papier mais en réalité il ressemble plus aux galeries piégées des pyramides qui mènent à la chambre funéraire du pharaon. Comprenez, c’est blindé de travaux, donc de bouchons, en particulier autour d’Hambourg, un gigantesque piège à automobilistes naïfs 365 jours sur 365. Si ça roule vite et bien en Allemagne hormis les Baustellen surprise, la lenteur des automobilistes danois après deux jours de conduite achève de rendre le paysage morne et sapeur de moral sous la grisaille. La vue du spot de la compétition – un immense lac plat comme la main reflétant la lourdeur du ciel – a suffit pour m’achever. Vite, voir la mer…

HVIDE SANDE, LE PARADIS DES RIDERS

Rien que ça. Franchement avec un lac – fjord chez les danois – aussi immense juste derrière la mer, où on a pied loin, sur lequel vous pouvez pêcher, waker, slalomer, vous faire pincer par des crabes (spéciale dédicace à Lulu), voir des phoques, prendre un verre à 2 mètres de l’eau après la session, stocker son matos au club-shop-café… Déjà ça, c’est plutôt accueillant, hormis les crabes. Mais quand vous rajoutez un spot de vague derrière le magnifique cordon dunaire qui sépare le fjord de la mer, avec des parkings gratuits sans barres avec une douche et des toilettes, s’il-vous-plaît, là, je dis chapeau. J’avais perdu l’habitude. En réalité la vague artificielle de la digue sud watte comme un barrage ouvert mais ça reste mieux que rien du tout, et on peut SUPer la houle qui se forme plus au large avant de mollir et se reformer au bord pour tuber à 10 000 à l’heure. Sans parler du cordon dunaire de la West Coast qui s’étend à perte de vue de part et d’autre du port d’Hvide Sande. C’est (h)vide (aha), mais c’est beau!

A condition d’emporter un jeu d’échec dans la voiture, je vous conseille donc fortement cette destination où les watermen se sentent accueillis à bras ouverts dans ce beau terrain de jeu. Par contre si vous dormez ailleurs que dans votre camion, n’oubliez pas d’apporter des volets, des stores ou un grand poncho noir, l’obstruction des fenêtres l’été ne faisant pas partie des moeurs danoises. Ils doivent être en sacré manque de lumière, les coquins.

ROOKIE BIS

Fausse débutante sur la PWA, j’y étais déjà inscrite quand j’étais jeune et ne connaissant pas la tendinite en l’an de grâce 2014 pour la Torche. Mais bon, on va faire comme si. La lutte commence bien avant la compèt dans les tentes matos, où il s’agit de trouver une place pour entreposer son quintal d’équipement à l’abri de la pluie et du soleil. Entre les mecs qui étalent leurs planches, stickent leurs voiles déroulées de tout leur long par terre, s’octroient le privilège d’un emplacement complet de par leur ancienneté et le respect qui leur est dû, autant dire que quand on arrive le samedi, c’est foutu et ça se finit dehors dans un bordel bien représentatif du manque d’esprit collectif qui règne sur ce genre de compèt’. En résumé, ma gueule et les autres se démerdent. Une fois sur la plage, vous prenez les même, et vous recommencez le carnage.

Comment se frayer un passage à coup d'ailerons

Comment se frayer un passage à coup d’ailerons (Photo Thomas Seguin)

DANS LE BAIN!

N’ayant pas navigué en slalom depuis Dunkerque, autant dire depuis beaucoup trop longtemps, je me suis sentie comme pendant un premier slalom de saison par 9°C sous la pluie au début de la première journée de course, c’est à dire comme un pingouin sur une planche. J’ai donc passé une heure sur l’eau à essayer de me remettre dans le bain et de me caler sur le timing des départs en les prenant avec les gars au-dessus du bateau comité et en dessous. Puis vint l’heure de ma poule, composée de deux japonaises, Sarah Quitta et Esther de Geus pour celles dont je me souviens. Les quatre personnes sus-citées finiront devant moi malgré un départ moyennement pas mal mais où les changements de trajectoire last minute de toutes mes voisines ont quelque peu perturbé mes plans machiavéliques, et des jibes pas encore assez précis et efficaces. Une cinquième place pour commencer, la journée est déjà finie… Une journée avec sa part de chance et de malchance pour toutes! Au moins j’aurai appris que le no rules ne concernait pas que le jibe mais bien l’intégralité de la course (la meuf au courant). Le couteau entre les dents pour les manches suivantes!

Mais va falloir recommencer à s’entraîner et réfléchir avant de s’obstiner à rester collée sous le vent hein :p (vidéo by Thomas Seguin)

REMONTER LA RIVIÈRE

Lors de la seconde journée de course – toujours en 7.9 et 105l j’avais oublié de préciser – je me sentais dans la peau du saumon qui remonte sa rivière: il rame un maximum. Même en réussissant plus ou moins facilement à me qualifier pour les demi-finales, les deux manches suivantes s’enchaînent sans répit et restent un combat de bout en bout pour ne pas finir dernière et se voir distancer un peu plus sur chaque bord par le top mondial.

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Il suffit d’un jibe un peu hasardeux pour perdre les X places qu’on n’avait pas encore perdues sur le premier bord malgré un bon départ…

Le niveau est au-dessus de tout ce que j’avais connu jusqu’alors! Les criquettes japonaises déboulent quelles que soient les conditions, j’ai l’impression de relancer en sortie de jibe comme une péniche démarrant à contre-courant; prendre un bon départ c’est bien, mais c’est loin de suffire. Si avec 0 entraînement hors compétition on peut finir 6eme d’un championnat du monde IFCA, sur la PWA on finit avant-dernière des finales perdantes!!! Et sans parler de toute la préparation matos et les réglages en amont…

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Ayako Suzuki en Gaastra, la quarantaine, et qui m’a mis la misère ^^

TRADUCTION

Petite remise au point sur la mesure de la vitesse du vent en PWA, qui surprend la première fois quand on entend qu’il y a 8-12nds et qu’on est plutôt bien à la rue en 7.9/122. Le vent est mesuré au ras de l’eau depuis un bateau laissé à la dérive = rajoutez environ 3 à 5 nds. Finalement la limite des fameux 7 nds correspondrait plus à 11nds en réalité, mais une tolérance jusqu’à 9 nds et moins est parfois appliquée quand ce sont les filles qui courent (là je peux enfin parler d’expérience).

hs16_ls_measuring_the_windJe tacle, mais le dernier jour où le vent me semblait suffisant pour lancer une course je me suis mise à pester toute seule contre ce comité de vieux croûtons qui ne se bougeait pas les prothèses alors que je pensais qu’il y avait du vent à foison. Que nenni, quand je suis partie tester le parcours et mon opinion, quelle ne fut pas ma surprise de m’arrêter de planer en plein bord. Bim grosse molle. Moralité, ils ont parfois raison.

SCLEROSED WINDSURFERS ASSOCIATION

Vous savez, la fameuse sclérose dont vous parlait votre vénéré prof d’histoire à propos de l’URSS. J’ai pu assister à deux meetings riders, un pour discuter des problèmes liés au tour féminin (enfin à son absence) et un autre sur le foil qui a fini en digressant sévèrement sur la légitimité du titre mondial de l’IFCA. En gros, ça discutaille des même problèmes depuis 15 ans. Concernant les filles, pour la faire courte, il fut une heureuse époque lointaine où le prize money était un pot commun aux hommes et femmes avec un partage proportionnel entre les deux genres. Puis les budgets baissèrent, le choc pétrolier, la migration des flamands roses, toussa, toussa, menant à un vote quant à une nouvelle répartition du butin. Les 15 nanas du tour de l’époque n’eurent pas d’autre idée que de dire aux mecs d’aller se faire voir avec leur baisse du prize money, et votèrent de garder 15 000€ fixes rien que pour leurs tronches. Sauf que maintenant on est 31, et pour revenir en arrière pour un partage plus équitable, ce serait comme demander à un ours polaire affamé de rendre un bout de sa carcasse de phoque blanchissante. Donc plutôt que d’arrêter de loger tout le monde dans des hôtels 5 étoiles et baisser les coûts fixes pour arriver à un budget plus raisonnable avec plus d’épreuves organisées, on préfère discuter de la baisse du prize money des nanas de 15 000€ à 10 000€. Tout ça en disant que la PWA se bouge pour trouver des sponsors sans avoir de plaquette pour présenter leur boulot à un potentiel mécène, very crédibles.

DUUUUUUUUUUUUDE

DUUUUUUUUUUUUDE

Bon après c’est ce que j’ai compris, mais j’ai peut-être mal compris.

Moralité: les affaires de la PWA, moins on les prend à coeur, plus on reste heureux.

Marine Stewardship Council

Autant se préoccuper de sujets vraiment importants à la place, comme quel poisson fumé au menu du soir (Photo Thomas Seguin)

OBJECTIF: MIEUX

Oublions les déboires du non-tour mondial féminin et du manque de volontarisme de la PWA ainsi que les faces désabusées des concurrentes, et revenons à nos bouchons! Première expérience de bouchon arrêté pendant 4h ça compte aussi hein, ce n’est pas tous les jours qu’on peut monter sur le toit d’un camion sur l’autoroute et se voir lancer des briques de jus d’orange gratos.

Cette première PWA se finit avec une place de 18eme/31 et 2 photos de John Carter, un bilan pas si mauvais finalement! Un des énormes kiff de cette première fois était notamment de revoir le live le soir pour entendre Ben Proffitt prononcer mon nom avec son accent british ^^ ça fait du bien à l’égo. J’ai pris une bonne baffe bien motivante comme j’aime – j’étais venue pour ça ^^ Hvide Sande m’a remontée comme un coucou suisse et je me suis même décidée à tester et à investir dans des ailerons carbone, amaaaaaaazing 😀 plus qu’un mois pour se préparer pour le second épisode de claques à la Torche.

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Un grand merci à vous d’avoir rendu ce premier voyage parmi les meilleures possible et merci à mes sponsors de soutenir mes tendances masoschistes 😀

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10 réflexions sur “Première PWA au Danemark!

    • je l’utilise souvent en compèt quand c’est un peu défoncé, entre la 105 et la 122 je n’ai rien mais finalement ça marche plutôt bien. Le truc vraiment surprenant c’est qu’entre les boues, j’étais à la rue, et au jibe jibe tout le monde collait sans exception… Le vent était super irrégulier!

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  1. Daniel Sabathié dit :

    Encore un super article…je les lis tous avec délectation. Celui là, même à la relecture je me marre encore. Bravo Marine, et surtout continue!

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